Au sommaire
Chaque pastille reprend la couleur du schéma de la partie.
Vu du bar, tous les fûts se ressemblent. Ils ne travaillent pas pareil
En un coup d'œil
Sous la même tête de tirage, quatre façons de garder et de pousser le vin
Inox réutilisable
Le gaz appuie sur le vin, le fût revient pour être lavé.
Plastique jetable sans poche
Même principe que l'inox, mais un seul voyage.
À poche, jetable
Une poche isole le vin, tout le fût part au tri.
À poche, coque réutilisable
La coque resservira, seule la poche est changée.
Le fût arrive, on le branche, on tire. Derrière le comptoir, rien ne distingue un fût d'un autre. Pourtant, sous la même tête de tirage, ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon.
Certains mettent le vin au contact direct du gaz qui le pousse. D'autres l'enferment dans une poche. Certains repartent chez le producteur pour être lavés, d'autres finissent au tri après un seul usage. Sur un vin vidé en trois jours, la différence passe inaperçue.
Sur une référence au verre qui tourne pendant des semaines, ou sur un mousseux qui doit garder sa bulle, elle se voit dans le verre et dans la marge. Ce guide compare les quatre familles de fûts utilisées pour le vin et les cocktails à la pression. Pour chacune : ce qui touche le liquide, ce qui le pousse, et ce que devient le fût une fois vide.
Avant de comparer les contenants, regardez ce que vos bouteilles entamées vous coûtent déjà. Le vrai coût du vin au verre en bouteille
Trois questions pour lire n'importe quel fût
Arbre de lecture
Deux réponses suffisent à classer un fût dans sa famille
Le vin est-il enfermé dans une poche ?
Non, le gaz le touche
Le fût entier revient-il chez le producteur ?
Non
Plastique jetable sans poche
Oui, la poche l'isole
La coque revient-elle seule ?
Oui
À poche, coque réutilisable
Inox, plastique, poche, marque A ou marque B : les fiches techniques noient vite l'essentiel. Trois questions suffisent pourtant à classer n'importe quel fût destiné au vin ou aux cocktails.
Qu'est-ce qui touche le liquide ?
Dans certains fûts, le vin est directement contre la paroi, inox ou plastique. Dans d'autres, il est enfermé dans une poche souple, et la coque extérieure ne le voit jamais. Cette première distinction décide de tout le reste : de ce qui peut pousser le vin, du nettoyage et de la conservation après ouverture.
Qu'est-ce qui le pousse vers le bec ?
Un fût ne se vide pas tout seul. Il faut une pression. Sans poche, le gaz est injecté au-dessus du liquide et appuie directement sur lui. Il doit donc être compatible avec le vin : on utilise alors du CO2 alimentaire, de l'azote ou un mélange.
Avec une poche, la pression s'exerce entre la poche et la coque. Le gaz ne touche jamais le liquide, ce qui ouvre la porte à l'air comprimé produit par un simple compresseur.
Que devient le fût après le dernier verre ?
Trois scénarios existent. Le fût entier repart chez le producteur pour être lavé et rempli de nouveau. Le fût entier part au tri. Ou bien seule la poche intérieure est jetée, et la coque resservira. Ce point pèse lourd dans la logistique d'un établissement, bien plus que ce qu'on imagine au moment de choisir.
Le fût inox réutilisable, l'héritage de la bière
La boucle de l'inox
Un contenant qui dure, à condition de revenir à chaque rotation
30 ans
durée de vie d'un fût inox estimée par Free Flow Wines, selon Wine Spectator.
Jusqu'à 3 mois
de tenue après percement sous gaz inerte, selon ce prestataire et des restaurateurs interrogés.
Point de vigilance. Sans poche, le gaz de tirage partage l'espace du vin pendant tout le service. Le nettoyage et le retour supposent une flotte organisée, d'après la publication présentée au congrès de l'OIV en 2019.
C'est le fût que tout le monde connaît. Il vient de la brasserie, où il équipe les bars depuis des décennies, et il a été le premier essayé pour servir le vin à la tireuse.
Un principe simple : le gaz appuie directement sur le vin
Dans un fût inox classique, il n'y a pas de poche. Le gaz de tirage entre par la tête et pousse le liquide vers la canne de soutirage. Le vin et le gaz partagent donc le même espace pendant toute la durée de service.
Les chercheurs du projet ECOFASS ont pointé cette limite. D'après la publication présentée au 42e Congrès mondial de la vigne et du vin de l'OIV (« Wine-on-tap: a study on the conservation of wines in keg Ecofass », 2019), les fûts inox de bière utilisés pour le vin ont une durée de vie très limitée une fois percés, le CO2 alimentaire étant au contact direct du liquide. Pour une référence qui tourne lentement, c'est un point décisif.
BIO Web of Conferences, Wine-on-tap, congrès de l'OIV
Ses points forts : robustesse et longévité du contenant
L'inox est un matériau robuste. Aux États-Unis, Free Flow Wines, l'un des grands prestataires de vin en fût, a bâti son service sur ce modèle. D'après Wine Spectator (« Tapping the Potential of Wine in Kegs », 2016), un fût inox réutilisable de 19,5 litres y contient l'équivalent de 26 bouteilles, et sa durée de vie est estimée à 30 ans par ce prestataire.
Le même article rapporte que, protégé par un gaz inerte après percement, le vin y garde sa qualité jusqu'à trois mois selon ce prestataire et plusieurs restaurateurs interrogés. La conservation dépend donc fortement du gaz choisi et de la maîtrise du circuit.
Wine Spectator, Tapping the Potential of Wine in Kegs
Ses contraintes pour un établissement
Un fût inox doit revenir. Il faut le stocker vide, le rendre, le faire laver et le remplir de nouveau, ce qui suppose un circuit organisé entre le producteur, le distributeur et l'établissement. La publication de l'OIV relève que cette solution ne pouvait convenir qu'aux grosses structures, capables de gérer la logistique et surtout le nettoyage.
Pour un restaurant indépendant, cela veut dire dépendre d'un fournisseur qui gère une flotte de fûts. Pour un vigneron, investir dans le lavage. C'est la raison principale pour laquelle d'autres familles de fûts sont apparues.
Le fût plastique à usage unique sans poche
Un aller simple
Plus de retour à organiser, mais le gaz reste au contact du vin
Établissement
raccords de bière
À surveiller. Sans propreté scrupuleuse, de l'oxygène peut entrer dans l'espace de tête, d'après PETplanet Insider (2014). Ce fût convient aux produits qui se vident vite.
Deuxième famille : le fût en plastique, souvent en PET, conçu pour un seul voyage. Il a été développé pour la bière, notamment pour l'export, où rapatrier des fûts vides coûte cher.
Son fonctionnement reprend celui de l'inox. D'après le magazine spécialisé PETplanet Insider (« Beer in PET, a never-ending story? », 2014), l'espace de tête de ces fûts est mis sous pression par un gaz, en règle générale du CO2, qui pousse la boisson vers la ligne de service. Le magazine cite des fabricants comme Dolium, Petainer et PolyKeg.
PETplanet Insider, les systèmes de fûts en PET
L'avantage est évident : pas de nettoyage, pas de retour, et des raccords compatibles avec les installations de bière existantes. La limite aussi. Le même article souligne que, sans une propreté scrupuleuse, de l'oxygène peut entrer dans l'espace de tête, au détriment immédiat du goût.
Pour le vin, ce fût partage donc la faiblesse de l'inox : le gaz est au contact du liquide. Il convient à des produits qui se vident vite.
Le fût à poche : le liquide isolé de ce qui le pousse
Coupe comparée
Où s'exerce la pression : sur le vin, ou autour de la poche
gaz compatible avec le vin
poche pressée jusqu'au bout
La troisième voie vient du monde de la microbrasserie. La publication de l'OIV la décrit comme une solution hybride entre le fût inox et le bag-in-box, imaginée par des brasseurs qui ne pouvaient pas gérer un parc de fûts inox.
Le principe : une poche souple contient le liquide, placée dans une coque rigide. Le gaz de tirage exerce sa pression entre la coque et la poche. La poche se comprime, le liquide sort, et rien d'autre ne le touche.
Le fût à poche jetable, type KeyKeg
Le KeyKeg, conçu aux Pays-Bas, est l'exemple le plus connu de cette famille. D'après le glossaire Wein-Plus (fiche « KeyKeg »), il s'agit d'un contenant jetable en PET qui renferme une poche intérieure, vidée par une pression créée entre la poche et l'enveloppe, sans que le gaz touche la boisson. Le glossaire précise qu'il a d'abord été pensé pour le cidre, la bière et le vin effervescent, et qu'il sert de plus en plus pour le vin.
Le même glossaire indique que des essais de l'institut de recherche de Geisenheim ont montré une bonne propriété barrière, avec de faibles pertes de gaz carbonique et d'anhydride sulfureux. C'est ce second point qui compte le plus pour la conservation du vin.
Wein-Plus, glossaire du vin, fiche KeyKeg
Le choix du jetable répond surtout à une contrainte de distance. D'après Réussir Vigne (« Des fûts à vin pour séduire les CHR », 2016), un domaine de la vallée du Rhône qui visait les restaurants américains a retenu ces fûts entièrement jetables justement pour éviter le problème du rapatriement.
Le fût à poche réutilisable : coque permanente, poche neuve
Dernière famille : la coque rigide sert des années, seule la poche est changée à chaque remplissage. C'est le principe du fût ECOFASS, celui qu'utilise Bibarium. Le fût est en polyéthylène haute densité (PEHD) réutilisable, l'ensemble tête et poche est à usage unique.
Le même article de Réussir Vigne rapporte un essai d'Inter Rhône sur la perméabilité de la poche : elle était si faible que l'interprofession n'a pas pu la quantifier. Les vins placés dix semaines à 20 °C puis sept semaines à 30 °C n'avaient pas bougé selon la chargée d'étude. L'article précise aussi que ce fût se relie à une tireuse à bière standard.
Réussir Vigne, Des fûts à vin pour séduire les CHR
Côté longévité, l'Analyse de Cycle de Vie de l'Institut Français de la Vigne et du Vin, réalisée en 2020, estime la durée de vie de ce fût à 10 ans. Le fût existe depuis 2007 et il est commercialisé depuis 2010. Autre point utile : la poche se comprime jusqu'au bout et il ne reste aucun volume de produit en fin de tirage.
Institut Français de la Vigne et du Vin, article sur l'Analyse de Cycle de Vie du fût ECOFASS
Air ou gaz : ce que la poche permet
Puisque rien ne touche le vin, la pression peut venir d'un gaz neutre comme l'azote ou d'un compresseur à air. Chez Bibarium, le fût est poussé par un compresseur à air, qui presse la poche sans jamais toucher le vin. L'exploitant n'a aucune bonbonne de gaz à acheter, à stocker ni à changer en plein service.
Poche aluminium ou poche plastique : ce qu'ont mesuré les essais de Changins
Ce que dit l'essai
Perte de SO2 libre à 30 °C : la barrière de la poche compte autant que le fût
Protocole : fûts de 10 L, chasselas et gamay, 6 mois, stockage à 15 °C et à 30 °C, poussée à l'air ou à l'azote sous 1 bar. Publication présentée au congrès de l'OIV, 2019.
Poche aluminisée
dite PETMET
Perte limitée, le gaz change peu
Poche plastique
barrière EVOH En dégustation : l'avantage de l'azote sur la poche EVOH restait net à 15 °C mais disparaissait à 30 °C.
Durée de tenue après ouverture, sur le vin
Distributeur de bouteilles
3 semaines
Vin en fût ECOFASS
jusqu'à 6 mois
Dire « fût à poche » ne suffit pas. Toutes les poches ne protègent pas le vin de la même manière, et c'est l'un des résultats les plus utiles du projet Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, mené de juillet 2017 à janvier 2020.
Le protocole
La publication de l'OIV de 2019 détaille un essai mené sur six mois avec des fûts de 10 litres. Deux vins ont été choisis : un gamay rouge, cépage sensible à l'oxydation, et un chasselas blanc contenant 1,2 g/L de CO2. Deux poches étaient comparées : une poche multicouche à film aluminisé, dite PETMET, et une poche plastique à barrière EVOH.
Chaque poche a été stockée à 15 °C et à 30 °C, poussée soit par de l'air, soit par de l'azote, avec une contre-pression de 1 bar. Les teneurs en SO2 et en CO2 ont été suivies, puis le panel expert de l'école de Changins a dégusté les vins.
Ce que les essais ont montré
D'après cette publication de l'OIV, la perte de SO2 libre mesurée à 30 °C est restée limitée dans la poche aluminisée, avec un très faible impact du gaz de tirage. Dans la poche EVOH, plus perméable, elle a été largement marquée, sauf avec l'azote, qui l'a rapprochée des résultats de la poche aluminisée. À la dégustation, cet effet protecteur de l'azote restait net à 15 °C mais disparaissait à 30 °C.
Sur le chasselas, la teneur en CO2 a baissé à 30 °C quel que soit le type de poche. À la dégustation, les vins en poche aluminisée sont pourtant restés proches de ceux conservés à 15 °C sur leur caractère carbonique. Sur le gamay à 30 °C, c'est au contraire la poche aluminisée qui a donné le moins bon potentiel de dégustation, la poche EVOH donnant des vins plus évolués mais sans défaut. À 15 °C, peu de différences sont apparues.
Les auteurs concluent que, lors des tests à 30 °C sur six mois, la poche aluminisée a le mieux protégé le vin sur la préservation des gaz, contre l'entrée d'oxygène et la perte de CO2.
Ce qu'il faut en retenir au moment de choisir
La nature de la poche compte autant que la nature du fût. Avant de retenir un fournisseur, demandez quelle poche il utilise et sur quels essais il appuie ses durées de conservation.
Sur le vin en fût ECOFASS, Bibarium indique une conservation jusqu'à 6 mois après ouverture, d'après des essais postérieurs à cette publication. La garantie documentée par le fabricant et par l'ACV est de 4 mois avec la poche aluminium. À titre de comparaison, une bouteille ouverte tient 2 jours, et un distributeur automatique de bouteilles 3 semaines.
Les quatre types de fûts côte à côte
Le tableau ci-dessous résume les différences de fonctionnement. Il ne classe pas les fûts du meilleur au moins bon : chacun répond à une logistique et à un rythme de service.
Quatre fûts, sept critères
Vin tranquille, perlant, mousseux ou cocktail : quel fût pour quelle boisson ?
Teneur en CO2 du vin, en g/L
Passé 1 g/L de gaz carbonique, la poche d'un bag-in-box ne suffit plus
Mousseux, spritz, hugo
au-delà de cette échelle zone tenue par un bag-in-box
1 g/L, limite de sa poche souple
1,2 g/L, chasselas de l'essai
Vin tranquille
Les quatre familles conviennent. Tout se joue sur la durée d'ouverture.
Chasselas perlant et mousseux
Un fût rigide qui tient la pression, seule alternative à la bouteille face au bag-in-box selon l'ACV de l'IFV.
Spritz, hugo, cocktails
Le fût à poche tient le pétillant et isole la boisson de ce qui la pousse.
Le type de fût ne se choisit pas seulement sur la logistique. La boisson elle-même impose ses règles, et la plus importante est la pression.
Les vins tranquilles
Toutes les familles de fûts savent servir un vin tranquille. La vraie question est la durée pendant laquelle il restera ouvert. Un vin qui se vide en quelques jours tolère un fût où le gaz touche le liquide. Une référence au verre plus lente gagne à être isolée dans une poche.
Chasselas perlant et mousseux : la pression change tout
Un vin qui contient du gaz carbonique doit rester sous pression, sinon il perd sa bulle. C'est vrai du mousseux, mais aussi d'un vin très présent en Suisse romande. D'après l'Institut Français de la Vigne et du Vin (« Fût ou bouteille : quel impact environnemental pour la restauration », 2021), les chasselas suisses sont légèrement effervescents et ne peuvent être conditionnés que dans des contenants sous pression.
Institut Français de la Vigne et du Vin, Fût ou bouteille, impact pour la restauration
La publication de l'OIV fixe un ordre de grandeur : la poche souple d'un bag-in-box ne permet pas d'utiliser des vins dont la teneur en CO2 dépasse 1 g/L. Un fût rigide tient cette pression. L'ACV de l'IFV range d'ailleurs parmi les avantages du fût le fait d'être, face au bag-in-box, la seule alternative à la bouteille pour les effervescents. La comparaison complète entre les deux formats est traitée dans notre guide bag-in-box ou fût.
Spritz, hugo et cocktails à la pression
Les cocktails servis en fût posent deux exigences. Les versions gazeuses doivent garder leur pétillant jusqu'au dernier verre. Et la recette doit sortir identique du premier au dernier service, sans que le gaz de tirage ne modifie le produit. Le fût à poche répond aux deux : il tient la pression et il isole la boisson de ce qui la pousse.
Une précision s'impose. Les essais de conservation cités plus haut ont été menés sur du vin, et leurs durées s'appliquent au vin. Le même principe de poche isolée de l'air protège les autres boissons servies à la pression, sans que ces chiffres puissent être transposés tels quels à un cocktail.
Chez Bibarium, le spritz tire son alcool du vin mousseux et titre 8,5 %, un degré plus léger que la moyenne. Le mousseux en fût est configuré pour le cocktail : une bulle qui tient sur les glaçons et un service rapide. Les cocktails à base de spiritueux relèvent, eux, d'un cadre légal plus strict, que l'établissement applique comme pour tout service d'alcool.
Réutilisable ou jetable : ce que chaque modèle change en coulisses
Après le dernier verre
Ce qu'il reste à gérer en réserve, selon le modèle de fût
Inox
Le fût entier attend en réserve, puis repart chez le producteur pour lavage.
Jetable
Rien à rendre, mais tout le contenant part au tri, coque comprise.
Coque réutilisable
Seule la poche est jetée, la coque reprend la route.
85 %
d'espace de stockage gagné au mieux, vin en fût contre bouteilles, rapport final Interreg ECOFASS Vin.
En altitude, Bibarium constate que l'approvisionnement des refuges en fût réduit les rotations d'hélicoptère.
Le type de fût se voit au bar, mais il se gère en réserve. Trois postes changent selon la famille choisie.
Le vide à gérer
Avec l'inox, chaque fût vide occupe de la place jusqu'à son retour, puis repart dans un circuit de lavage. Avec le jetable, il n'y a rien à rendre, mais tout le contenant part au tri, coque comprise. Avec la coque réutilisable, seule la poche est jetée, et la coque reprend la route.
Pour un établissement de montagne, ce poste devient décisif. Bibarium constate dans les stations qu'il équipe que l'approvisionnement des refuges en fût réduit les rotations d'hélicoptère. Téléverbier lui renouvelle d'ailleurs sa confiance pour la cinquième saison consécutive.
La place en réserve
Quel que soit le type de fût, le passage de la bouteille au fût libère de l'espace. Dans le cadre du projet Interreg ECOFASS Vin, le rapport scientifique final relève un gain pouvant atteindre 85 % de l'espace de stockage pour le vin en fût, au point que certains restaurateurs ont pu ouvrir une seconde salle.
L'impact environnemental, avec ses limites
L'argument environnemental n'est pas celui qui décide un restaurateur, mais il rassure souvent la clientèle. Il mérite donc des chiffres exacts. Selon l'Analyse de Cycle de Vie réalisée par l'Institut Français de la Vigne et du Vin en 2020 dans le cadre du projet Interreg ECOFASS Vin, le fût ECOFASS de 30 litres réduit de 42 % l'impact sur le changement climatique par rapport à l'équivalent en bouteilles de verre, sur le périmètre de l'emballage, pour une livraison dans la région genevoise.
En incluant la fabrication et le transport du vin servi, la réduction est de 17 %. Sur l'emballage seul, les émissions de particules et l'acidification baissent de plus de 72 %. En revanche, sur les ressources minérales et fossiles, l'étude est défavorable au fût, grâce au recyclage du verre. Cette étude a fait l'objet d'une revue critique par un comité d'experts indépendants.
Le détail de l'étude, ses hypothèses et sa sensibilité aux pertes de vin sont présentés dans notre article sur l'analyse de cycle de vie du vin en fût.
Trois erreurs fréquentes au moment de choisir un type de fût
Trois réflexes hérités de la bière
L'erreur
Juger un fût sur son seul raccord
Le réflexe
Demander ce qui touche le vin, pas seulement s'il se branche.
L'erreur
Croire que tous les fûts protègent pareil un vin ouvert
Le réflexe
Comparer gaz au contact et barrière de poche sur une référence lente.
L'erreur
Oublier la vie du fût vide
Le réflexe
Savoir avant la première livraison qui reprend quoi, et à quel rythme.
Une seule question les couvre toutes : que touche le vin, et que devient le fût une fois vide ?
Ces erreurs reviennent souvent, parce qu'elles viennent d'une habitude prise avec la bière. Elles se corrigent facilement une fois repérées.
Juger un fût sur son seul raccord
Un fût qui se branche sur votre tireuse n'est pas forcément adapté à votre vin. Le raccord dit si le fût est compatible. Il ne dit rien de ce qui touche le liquide ni de sa tenue après ouverture.
Croire que tous les fûts protègent pareil un vin ouvert
Sur un fût où le gaz appuie directement sur le vin, la conservation dépend du gaz utilisé et de la propreté du circuit. Sur un fût à poche, elle dépend de la barrière de la poche. Les deux logiques n'offrent pas la même marge sur une référence qui tourne lentement.
Oublier la vie du fût vide
On choisit souvent un fût pour son service, rarement pour son retour. Pourtant, des fûts vides qui attendent un enlèvement, ou des contenants entiers à évacuer chaque semaine, pèsent sur la réserve et sur le temps de l'équipe. Posez la question avant la première livraison.
Comment choisir le bon type de fût pour votre établissement ?
Trois méthodes simples permettent de trancher, référence par référence, plutôt que de choisir un seul système pour toute la carte.
Méthode 1 : partir de la durée d'ouverture de chaque référence
Pour chaque vin servi au verre, estimez combien de jours il reste ouvert avant d'être vidé. Plus cette durée est longue, plus l'isolation du liquide devient importante. Le calcul du nombre de verres par fût, et donc du rythme de vidage, est détaillé dans notre article combien de verres dans un fût de vin.
Le sujet n'est pas marginal. Selon une étude de l'École hôtelière de Lausanne publiée en 2019 auprès de 104 établissements suisses, 61 % proposent 4 à 10 vins au verre. La même étude relève que 96 % ouvrent des bouteilles avec un risque de perte, vin non bu sous deux jours ou bouchonné.
EHL Insights, Keg wine on tap: a Swiss sustainable innovation
Méthode 2 : lister tout ce qui pétille sur la carte
Mousseux, chasselas perlant, spritz, hugo, cocktails gazeux : chacun impose un contenant qui tient la pression. Faites la liste avant de choisir. Si elle est longue, le fût rigide à poche couvre à la fois les vins tranquilles et les boissons gazeuses avec un seul type de matériel.
Méthode 3 : regarder qui gère le remplissage et le vide
Un fût n'arrive pas vide chez vous : il est rempli en amont. Chez Bibarium, l'enfûtage se fait chez le vigneron partenaire, en Suisse. Demandez qui remplit, qui reprend le fût vide ou la coque, et à quel rythme. Une bonne solution technique mal desservie devient vite une contrainte.
Pourquoi Bibarium a choisi le fût à poche réutilisable
D'où vient ce choix
Une entreprise dirigée par un œnologue, adossée à la recherche
Ce qui est suisse
L'entreprise Bibarium, le vin, et l'enfûtage chez le vigneron partenaire.
Ce qui est fabriqué en France
Le fût ECOFASS, par CG Industry à Moirans-en-Montagne, dans le Jura.
2007
Le fût ECOFASS existe.
2010
Il est commercialisé.
2017 à 2020
Projet Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, avec Changins, l'IFV et l'EHL.
Juillet 2019
Publication au congrès de l'OIV à Genève, Marc Sarrazin co-auteur.
Une confusion revient souvent, et elle vient d'un mot. « Fût » désigne aussi bien un contenant inox où le gaz touche le vin qu'une coque où le vin reste enfermé dans sa poche. Le résultat dans le verre n'est pourtant pas le même après quelques semaines.
Ce choix est celui d'une entreprise dirigée par un œnologue. Bibarium a pour directeur Marc Sarrazin, ingénieur œnologue diplômé de Changins. Il est co-auteur de la publication présentée au congrès de l'OIV à Genève en juillet 2019, avec l'école de Changins, l'IFV et l'École hôtelière de Lausanne.
Le fût ECOFASS est fabriqué en France, par CG Industry à Moirans-en-Montagne, dans le Jura. Ce qui est suisse, c'est l'entreprise, le vin et l'enfûtage chez le vigneron. La Cave de La Côte, cave coopérative vaudoise titrée « Cave suisse de l'année » 2019 au Grand Prix du Vin Suisse, est le premier partenaire de Bibarium.
Un fût se juge à ce qu'il protège entre deux services
Aucun fût n'est mauvais, chacun a son terrain
Inox réutilisable
Grosses structures, circuit de lavage organisé, rotation rapide.
Plastique sans poche
Produits qui se vident vite, aucun retour à gérer.
À poche, jetable
Longues distances et export, sans rapatriement.
À poche, coque réutilisable
Vins au verre lents, bulles et cocktails, circuit de proximité.
Le liquide est-il isolé ?
Le fût tient-il la pression ?
Que devient-il une fois vide ?
Inox, plastique jetable, poche jetable ou coque réutilisable : aucun fût n'est mauvais dans l'absolu. Chacun correspond à un circuit, à une boisson et à un rythme de service.
Pour un établissement qui sert plusieurs vins au verre, des bulles et des cocktails, trois critères suffisent à trancher. Le liquide est-il isolé de ce qui le pousse ? Le fût tient-il la pression ? Que devient-il une fois vide ? Répondez-y référence par référence, et le bon type de fût s'impose de lui-même.
Parlons de votre carte et de votre réserve. Contactez Bibarium pour une visite conseil
Vos questions fréquentes sur les types de fûts pour le vin
Peut-on brancher n'importe quel fût sur une tireuse à bière ?
Pas sans vérifier. Chaque famille de fût utilise une tête de raccordement adaptée, et un fût à poche doit recevoir la pression entre la poche et la coque, jamais sur le liquide. Une tireuse à bière peut souvent servir de base, mais la tête de fût et la source de pression doivent correspondre au type de fût livré. C'est un point à valider avec le fournisseur avant la première commande.
Le matériau du fût change-t-il le goût du vin ?
Dans un fût à poche, le vin ne touche que le film intérieur de la poche. Dans les essais publiés au congrès de l'OIV, ce film intérieur est en polyéthylène, un matériau retenu pour le contact alimentaire parce qu'il est chimiquement inerte. Ce qui influence le vin dans la durée, c'est surtout l'oxygène qui traverse ou non la poche, d'où l'importance de sa barrière.
Un fût à poche se nettoie-t-il ?
La coque n'a pas besoin du lavage complet qu'exige un fût inox, puisque le vin ne la touche jamais et que chaque remplissage se fait dans une poche neuve. Les lignes de la tireuse, elles, se nettoient comme pour n'importe quel tirage à la pression. L'entretien du circuit reste donc une routine à planifier, quel que soit le type de fût.
Le KeyKeg est-il un fût réutilisable ?
Non. Le KeyKeg est un fût à poche conçu pour un seul usage : une fois vide, le contenant entier part au tri. Ce modèle évite tout retour chez le producteur, ce qui le rend pratique pour l'export lointain. Un fût à poche à coque réutilisable fonctionne sur le même principe d'isolation, mais seule la poche est remplacée à chaque remplissage.
Faut-il une bonbonne de gaz avec un fût à poche ?
Pas forcément. Comme le gaz ne touche jamais le liquide, la poche peut être pressée par de l'air comprimé. C'est le choix de Bibarium : un compresseur à air presse la poche, sans bonbonne de CO2 ni d'azote à commander, stocker et changer en plein service. D'autres installations utilisent de l'azote, qui reste au contact de la poche et non du vin.
Quel type de fût pour un vin à faible rotation ?
Pour une référence vendue quelques verres par semaine, le fût à poche est le plus sûr, puisque le vin reste isolé de l'air et du gaz tant qu'il n'est pas servi. Sur le vin en fût ECOFASS, la conservation va jusqu'à 6 mois après ouverture. Un fût où le gaz touche directement le liquide convient mieux aux références qui se vident en quelques jours.
Sources
- BIO Web of Conferences, Wine-on-tap: a study on the conservation of wines in keg Ecofass, congrès mondial de l'OIV
- Institut Français de la Vigne et du Vin, Fût ou bouteille : quel impact environnemental pour la restauration
- Réussir Vigne, Des fûts à vin pour séduire les CHR
- Wein-Plus, glossaire du vin, fiche KeyKeg
- PETplanet Insider, Beer in PET, les systèmes de fûts en PET
- Wine Spectator, Tapping the Potential of Wine in Kegs
- Institut Français de la Vigne et du Vin, article sur l'Analyse de Cycle de Vie du fût ECOFASS
- EHL Insights, Keg wine on tap: a Swiss sustainable innovation
- Cave de La Côte, histoire et talents de la cave
Bibarium, spécialiste suisse du vin et des cocktails à la pression.
Entreprise de la région de Genève, Bibarium équipe les professionnels de la restauration, des bars et de l'événementiel en fûts à poche et en systèmes de tirage. Son expertise s'appuie sur le projet de recherche Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, mené avec l'Institut Français de la Vigne et du Vin, l'école de Changins et l'École hôtelière de Lausanne, et sur des partenaires comme la Cave de La Côte.
Contenu relu et validé par Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins.
Mis à jour : octobre 2026