Ouvrir un bar dans le canton de Vaud : la licence passe avant le premier verre
Délai plancher de dépôt
30 jours
entre le dépôt d'une demande complète et la date d'ouverture visée.
Dépôtdossier complet
Ouverturelicence délivrée
Qui délivre
La Police cantonale du commerce
Qui préavise
La municipalité du lieu
Quand servir
Seulement après délivrance
Repères tirés de la fiche officielle de l'État de Vaud. Le délai de 30 jours est un minimum, pas une cible.
Le bail est signé. Le comptoir est posé. Les premiers fournisseurs attendent votre feu vert.
Pourtant, sans licence d'établissement, vous ne pouvez servir ni un café ni un verre de vin. Dans le canton de Vaud, la règle est nette : un établissement ne peut être exploité qu'une fois la licence délivrée. Un dossier incomplet, une pièce oubliée ou un certificat absent, et l'ouverture est retardée.
La réponse courte tient en une phrase. La licence est délivrée par la Police cantonale du commerce, après préavis de la municipalité, sur une demande déposée au moins 30 jours avant l'ouverture. Ce guide détaille chaque étape, de la catégorie de licence au certificat cantonal d'aptitudes, pour vous éviter les retards qui coûtent cher.
Qui doit obtenir une licence selon la LADB ?
Licence ou exception : le test en deux questions
Servez-vous ou vendez-vous de l'alcool ?
Oui
Licence obligatoire
Quelle que soit la taille de la salle, du verre de vin au cocktail.
Non
Capacité totale de 9 personnes au plus ?
4 places dedans, 5 en terrasse : 9, exception possible sans alcool
8 places dedans, 5 en terrasse : 13, licence obligatoire
Points foncés : places intérieures. Points dorés : places en terrasse. Exemples repris de la Police cantonale du commerce.
Le cadre est posé par la loi vaudoise du 26 mars 2002 sur les auberges et les débits de boissons, la LADB. Son règlement d'exécution, le RLADB, en précise l'application.
Les activités soumises à licence
La LADB vise le logement d'hôtes contre rémunération. Elle vise aussi le service ou la vente de mets et de boissons à consommer sur place, et la mise à disposition de locaux pour consommer.
Elle couvre encore la livraison de mets et la vente à l'emporter de boissons alcooliques. Dès qu'une seule de ces activités est exercée, une licence d'établissement est nécessaire.
L'exception des petits établissements, et sa limite
La loi prévoit quelques exceptions, listées à son article 3. La plus connue concerne les petites structures.
D'après l'État de Vaud (page « Informations relatives à l'hôtellerie-restauration » de la Police cantonale du commerce), un établissement accueillant moins de dix personnes n'est pas soumis à licence, à condition de ne vendre aucune boisson alcoolique. La capacité retenue additionne les places intérieures et celles de la terrasse : 9 personnes au maximum, assises ou debout.
État de Vaud, Police cantonale du commerce
Pour un bar, la conclusion est donc simple. Dès que vous servez du vin, de la bière ou un cocktail, la licence est obligatoire, quelle que soit la taille de la salle.
Une licence, deux autorisations : exercer et exploiter
Licence d'établissementarticle 4 de la LADB
Autorisation d'exercer
Une personne physique, responsable
Certificat cantonal d'aptitudes ou formation équivalente
Contrat d'au moins 50 % si le titulaire est salarié
Probité et assurances sociales à jour
Autorisation d'exploiter
L'entreprise qui exploite le fonds
Inscription au registre du commerce
Propriétaire, ou titulaire du bail
Probité et assurances sociales à jour
Art. 37
Les deux titulaires répondent ensemble de la direction effective de l'établissement.
C'est le point qui surprend le plus les porteurs de projet. Selon l'article 4 de la LADB, la licence d'établissement réunit deux autorisations distinctes, souvent attribuées à deux personnes différentes.
L'autorisation d'exercer, pour la personne responsable
Elle est délivrée à une personne physique, responsable de l'établissement. Cette personne doit détenir un certificat cantonal d'aptitudes, le CCA, ou une formation reconnue équivalente.
Elle ne doit pas avoir été condamnée pour des faits contraires à la probité ou à l'honneur. Si elle a déjà exploité un établissement, elle doit être à jour dans le paiement des assurances sociales de ses employés.
L'autorisation d'exploiter, pour l'entreprise
Elle est délivrée à la personne morale ou physique qui exploite le fonds de commerce. Il s'agit du propriétaire, ou du titulaire du bail ou d'un contrat analogue.
L'entreprise doit être inscrite au registre du commerce, sous forme de société ou de raison individuelle. Les mêmes exigences de probité et d'assurances sociales s'appliquent.
Deux titulaires, une responsabilité partagée
L'article 37 de la LADB est explicite : les titulaires des deux autorisations répondent ensemble de la direction effective de l'établissement. Le titulaire du CCA n'est donc pas un simple nom sur un formulaire.
D'après le formulaire officiel de demande de licence de la Police cantonale du commerce (version 2025), un titulaire salarié doit produire un contrat de travail d'au moins 50 %. Pour une association, c'est le procès-verbal d'assemblée générale qui prouve son élection au comité.
Police cantonale du commerce, formulaire de demande de licence
Café-restaurant, café-bar, licence particulière : quelle catégorie demander ?
Ce que chaque licence autorise
Catégorie
Alcool
Mets
Emporter
Lecture : un bar à vin qui sert des planches doit vérifier s'il reste dans le périmètre du café-bar. « Sous condition » signifie vente accessoire à l'emporter, ou mets réservés aux établissements avec restauration.
La LADB ne connaît pas une licence unique. Elle définit des catégories, chacune avec son périmètre. Se tromper de catégorie, c'est s'exposer à une demande de changement plus tard.
| Catégorie | Ce qu'elle permet | Article LADB |
|---|
| Café-restaurant | Mets et boissons avec et sans alcool, livraison et vente accessoire à l'emporter | 12 |
| Café-bar | Boissons avec et sans alcool sur place, à l'exclusion des mets | 14 |
| Hôtel | Logement et service de boissons, et de mets pour les établissements avec restauration | 11 |
| Buvette | Boissons liées à une activité culturelle ou sportive, une heure avant, pendant et deux heures après | 15 |
| Discothèque | Établissement où la clientèle peut danser, sans vente à l'emporter | 16 |
| Tea-room, bar à café | Mets ou boissons sans alcool uniquement | 19 et 20 |
| Licence particulière | Établissements de type spécial, par leur nature ou leur horaire | 21 |
Bar à cocktails ou bar à vin : le piège des mets
La licence de café-bar exclut les mets. Un bar à vin qui propose des planches ou un bar à cocktails qui sert des assiettes à partager doit donc examiner la question avant le dépôt.
La définition précise des mets admis relève du règlement d'exécution. En cas de doute sur votre concept, posez la question à la Police cantonale du commerce avant de cocher une case.
Le traiteur, une licence à part
La livraison et le service de mets préparés et de boissons au lieu de livraison relèvent de la licence de traiteur, prévue à l'article 23. Elle fait l'objet d'une demande distincte auprès du même service.
Changer de catégorie après l'ouverture
On ne change pas librement de mode d'exploitation. L'article 44 soumet tout changement de catégorie à une autorisation spéciale du département.
Si le changement touche à l'environnement ou à la planification, une nouvelle procédure d'enquête est requise avant la nouvelle demande de licence. Mieux vaut viser juste dès le départ.
Le certificat cantonal d'aptitudes, l'étape la plus longue à anticiper
Cours obligatoires GastroVaud
Cinq modules pour un café-restaurant ou un café-bar
A
Hygiène et sécurité au travail, 5 j
B
Droit des établissements, prévention, 4 j
C
Droit du travail, bail, assurances sociales, 9 j
Durée de chaque module en jours de cours, selon GastroVaud.
Présence exigée par module
B2
Niveau de français demandé, à l'oral et à l'écrit
Sources : GastroVaud et État de Vaud. Dispenses possibles pour certains diplômes, accordées par l'État de Vaud uniquement.
Sans CCA, pas d'autorisation d'exercer. C'est souvent le vrai chemin critique d'un projet, car il dépend d'un calendrier de cours et d'examens que vous ne maîtrisez pas.
Les cours obligatoires de GastroVaud
Les cours sont organisés par GastroVaud, l'association vaudoise de la branche, conjointement avec la Police cantonale du commerce. Les sessions ont lieu plusieurs fois par année.
D'après GastroVaud (page « Cours obligatoires et facultatifs pour la licence »), les cours obligatoires se composent de 5 modules, notés A à E. Ils couvrent l'hygiène, le droit des établissements et la prévention, le droit du travail et les assurances sociales, la comptabilité, et la connaissance des produits. Pour un café-restaurant ou un café-bar, l'examen porte sur les cinq modules.
GastroVaud, cours pour la licence
Présence, langue et examen
La présence n'est pas facultative. Selon les conditions générales publiées par GastroVaud, une présence de 80 % par module est exigée pour se présenter à l'examen.
Les cours se donnent uniquement en français et les examens se rédigent en français. GastroVaud demande un bon niveau de français, B2 à l'oral comme à l'écrit, ce qui compte pour une équipe fondatrice internationale.
Les dispenses possibles
Certains profils peuvent être dispensés de tout ou partie des cours. Sont notamment visés les diplômés d'écoles hôtelières suisses reconnues, les titulaires d'un CFC dans les métiers de bouche et ceux d'un brevet fédéral.
Les dispenses sont accordées uniquement par l'État de Vaud, sur formulaire. Un diplôme étranger peut aussi y donner droit, sous réserve de reconnaissance par le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation.
La licence provisoire, une solution d'attente encadrée
Une licence provisoire existe, valable jusqu'à la prochaine session ouverte de cours et d'examens. Elle est réservée aux diplômés d'écoles hôtelières suisses, aux titulaires d'un certificat reconnu d'un autre canton ou d'une formation analogue reconnue, et aux repreneurs d'un caveau ou d'une buvette.
Elle ne sert donc pas à contourner le CCA. La copie du diplôme doit impérativement accompagner la demande.
Créer un nouvel établissement : l'ordre des démarches à ne jamais inverser
Qui fait quoi, dans quel ordre
Le dossier passe deux fois de la commune au canton avant la première ouverture.
La création d'un établissement suit une séquence stricte, décrite par la Police cantonale du commerce. Chaque étape ouvre la suivante.
- Déposer un dossier d'enquête publique auprès de la municipalité.
- Obtenir le permis de construire.
- Réaliser les travaux mis à l'enquête.
- Demander le permis d'utiliser à la municipalité.
- Demander la licence d'établissement à la Police cantonale du commerce.
L'enquête publique et la CAMAC
Toute création passe par une enquête publique, sous forme de demande de permis de construire ou de changement d'affectation. Une fois le dossier complet, la municipalité le transmet à la Centrale des autorisations en matière d'autorisation de construire, la CAMAC.
La CAMAC fait circuler le dossier auprès des services concernés, qui rendent leurs préavis ou décisions. La municipalité statue ensuite sur le permis de construire.
Le permis d'utiliser ne vaut pas licence
À la fin des travaux, la municipalité organise une visite. Si tout est conforme, elle délivre le permis d'utiliser.
L'État de Vaud le rappelle clairement : ce permis ne vous permet pas encore d'exploiter. Il ouvre seulement la porte à la demande de licence.
Le préavis municipal
Une fois la demande de licence complète, la Police cantonale du commerce sollicite le préavis de la municipalité. Si les conditions légales sont remplies et que ce préavis est positif, la licence est accordée. Dans le cas contraire, le service rend une décision de refus.
Les exigences sur les locaux
L'article 39 de la LADB impose le respect de la police des constructions, de la protection des travailleurs et de l'environnement, de la police du feu et de l'hygiène alimentaire. Les locaux doivent rester accessibles et contrôlables en tout temps.
D'après l'État de Vaud (page « Comment créer un nouvel établissement »), un établissement neuf accueillant jusqu'à 20 personnes doit disposer d'au moins un sanitaire accessible aux personnes handicapées. Au-delà de 20 personnes, il en faut deux séparés, femmes et hommes, dont un accessible. La municipalité peut se montrer plus stricte.
État de Vaud, créer un nouvel établissement
Ce seuil de 20 personnes se discute dès les plans. Le découvrir à la visite de fin de travaux coûte un chantier de plus.
Reprendre un bar existant : la licence ne se transmet pas
Deux reprises, deux issues
Reprise conforme
J moins 30 au minimum : demande complète à votre nom
Instruction et préavis municipal
Licence délivrée à votre nom
Reprise effectiveReprise à risque
Date d'entrée fixée avant le dépôt
Exploitation sous la licence du prédécesseur
Assimilé à un prêt de licence
Retrait et fermetureIssue décrite par l'État de Vaud, page « Comment reprendre un établissement existant ».
Reprendre un établissement qui tourne paraît plus simple. Sur le plan administratif, c'est presque une ouverture.
Une nouvelle demande, à votre nom
D'après l'État de Vaud (page « Comment reprendre un établissement existant »), la demande de licence complète doit être déposée à votre nom au moins 30 jours avant la reprise. L'établissement ne peut être exploité qu'une fois la nouvelle licence délivrée.
État de Vaud, reprendre un établissement existant
Le piège du prête-nom
Démarrer sous la licence du prédécesseur est assimilé à un prêt de licence, une location ou une mise à disposition. La conséquence annoncée par l'État de Vaud est lourde : retrait de la licence et fermeture de l'établissement.
Il arrive souvent qu'une reprise se négocie vite, avec une date d'entrée fixée avant que le dossier soit déposé. C'est exactement le scénario à éviter. La date de reprise se cale sur le dépôt, pas l'inverse.
Ce qui ne change pas avec les murs
Si le nouveau concept modifie la catégorie de licence, les locaux ou la terrasse, l'article 44 s'applique. Une reprise « à l'identique » sur le papier, mais avec un changement de concept, peut basculer dans une procédure plus longue.
Constituer un dossier complet du premier coup
Votre dossier, pièce par pièce
Cochez au fur et à mesure. Rien n'est enregistré ni envoyé.
Titulaire du CCAautorisation d'exercer
Employeurautorisation d'exploiter
Propriétaire ou gérancevalidité du bail
3
moisExtraits et attestations datés de moins de 3 mois au moment du dépôt, selon le formulaire officiel 2025.
La Police cantonale du commerce ne relance pas indéfiniment. Les demandes incomplètes sont renvoyées pour correction, et sans correction dans le délai imparti, l'autorisation est refusée.
Les signatures à réunir
Le formulaire officiel exige trois signatures : celle du titulaire du CCA pour l'autorisation d'exercer, celle de l'employeur pour l'autorisation d'exploiter, et celle du propriétaire de l'immeuble ou de la gérance, qui confirme la validité du bail.
Les pièces pour l'autorisation d'exercer
- Copie de la carte AVS et d'une pièce d'identité ou d'un permis de séjour valable.
- Copie du CCA ou d'un diplôme d'une école hôtelière suisse.
- Copie du contrat de travail si le titulaire est employé.
- Extrait récent du casier judiciaire suisse, et de celui du pays de résidence pour les personnes domiciliées à l'étranger.
Le formulaire précise que les extraits et attestations doivent dater de moins de 3 mois. Une pièce trop ancienne suffit à bloquer le dossier.
Les pièces pour l'autorisation d'exploiter
L'entreprise fournit un extrait du registre du commerce. Pour une SA ou une Sàrl, les pièces d'identité et extraits de casier du représentant ne sont pas exigés.
Si vous avez déjà exploité un établissement, il faut joindre les attestations récentes de la caisse de compensation et de la caisse de pension. Sans employés, un courrier daté et signé l'atteste.
L'avance de frais
À réception de la demande, une facture d'avance de frais est envoyée. Son montant figure sur la page officielle de la prestation. Elle doit être réglée dans le délai imparti, faute de quoi la licence est refusée.
Combien de temps prévoir ? Construire un rétroplanning réaliste
Calculer vos dates limitesPartez de la date d'ouverture visée, l'outil remonte le calendrier.
CCA en main
avant le dépôt
Sessions plusieurs fois par an. Résultats envoyés environ 3 semaines après l'examen.
Extraits et attestations
après le 2 décembre 2026
Ils doivent dater de moins de 3 mois au jour du dépôt.
Dépôt du dossier complet
au plus tard le 2 mars 2027
Délai minimal de 30 jours fixé par l'État de Vaud.
Ouverture au public
1er avril 2027
Uniquement si la licence a été délivrée.
Estimation indicative fondée sur le seul délai minimal légal. Pour une création, l'enquête publique et les travaux s'ajoutent en amont. Exemple affiché : ouverture au 1er avril 2027.
Aucun texte ne donne une durée totale, car tout dépend de votre point de départ. La méthode consiste donc à partir de la date d'ouverture visée et à remonter étape par étape.
Méthode en trois jalons
Jalon 1 : la date de dépôt de la licence
Le délai minimal est connu. D'après l'État de Vaud (fiche « Demander la licence permettant d'exploiter un établissement de l'hôtellerie-restauration »), toute demande doit être déposée au moins 30 jours avant l'ouverture. Considérez ce chiffre comme un plancher, pas comme une cible.
État de Vaud, demander la licence
Jalon 2 : le CCA en main avant le dépôt
Le certificat doit figurer dans le dossier. Repérez la prochaine session de cours et d'examens de GastroVaud, puis comptez environ 3 semaines pour recevoir les résultats, selon GastroVaud.
Si un associé détient déjà un CCA ou un diplôme d'école hôtelière, ce jalon se raccourcit fortement. C'est un critère concret dans le choix du titulaire de l'autorisation d'exercer.
Jalon 3 : le permis d'utiliser pour une création
Pour une création ou une transformation, la licence ne peut être demandée qu'après le permis d'utiliser. L'enquête publique et les travaux fixent alors le vrai calendrier.
Ce que vous pouvez préparer en parallèle
Pendant l'instruction, rien ne s'ouvre au public. En revanche, la carte, l'implantation du bar, le choix des fournisseurs et la formation de l'équipe peuvent avancer. Ces semaines d'attente sont le meilleur moment pour tester un service à blanc.
Une fois la licence obtenue, ce que la LADB vous impose au quotidien
Le tableau de bord de la conformité
Âge légal de service, article 50
0
16
18
25 ans
Dès 16 ans : vin, mousseux, bière, cidre
Dès 18 ans : boissons distillées, cocktails à base de spiritueux
3 boissons sans alcool
De types différents, toutes moins chères que l'alcool le moins cher. Article 45.
VD
Vin vaudois à la carte
Obligatoire avec toute licence avec alcool. Article 41.
Délais d'annonce
10 jours pour une animation, 8 jours pour une fermeture. Articles 43 et 49.
Horaires fixés par le règlement communal de police, article 22. Repères tirés du texte de la LADB.
La licence n'est pas un tampon unique. Elle s'accompagne d'obligations d'exploitation, contrôlées par la municipalité et les polices cantonale et communales. Voici celles qui touchent directement le bar.
Les horaires relèvent de votre commune
L'article 22 confie l'horaire d'exploitation au règlement communal de police. Vous fixez librement vos heures dans ces limites, puis vous les communiquez à la municipalité et les affichez à l'extérieur. La commune peut aussi interdire le service d'alcool sur une partie de l'horaire.
Le vin vaudois, une obligation légale
L'article 41 de la LADB prévoit que toute licence avec alcool comporte l'obligation d'offrir du vin vaudois à la vente. La loi ne fixe pas de quantité, mais l'obligation est bien là.
Pour un bar à vin, c'est aussi une opportunité de carte. Un vin vaudois servi à la tireuse reste disponible au verre sans dépendre d'une bouteille ouverte. Bibarium travaille avec la Cave de La Côte, cave coopérative vaudoise fondée en 1929, aujourd'hui installée à Tolochenaz, et partenaire numéro 1 de l'entreprise. Pour aller plus loin, voyez notre article sur le vin suisse à la tireuse et le terroir romand.
Trois boissons sans alcool, moins chères que l'alcool
D'après la LADB (article 45), tout titulaire autorisé à servir de l'alcool doit proposer en tout temps au moins 3 boissons sans alcool de type différent. Chacune doit être vendue à un prix inférieur à celui de la boisson alcoolique la moins chère. Le règlement d'exécution en fixe les modalités.
Loi vaudoise sur les auberges et les débits de boissons
Vérifiez ce point au moment de construire la carte. Une offre sans alcool trop courte ou mal placée en prix est une non-conformité facile à éviter.
Les âges légaux : 16 et 18 ans
L'article 50 interdit de servir de l'alcool aux personnes en état d'ébriété et aux moins de 16 ans révolus. Pour les boissons distillées ou considérées comme telles, la limite passe à 18 ans révolus.
Concrètement, un cocktail à base de gin, de vodka, de rhum ou d'alcool d'agave relève de la limite des 18 ans. Le contrôle d'identité fait partie du geste de service, surtout en terrasse et lors des pics d'affluence.
Promotions et prix forfaitaires interdits
Le même article interdit d'inciter le personnel à boire avec la clientèle. Il interdit aussi les jeux et concours qui augmentent la consommation, les cadeaux qui accompagnent la vente d'alcool, et la vente d'alcool à prix fixe quelle que soit la quantité.
Une formule à volonté sur l'alcool est donc exclue. Si vous travaillez un moment de fin de journée, construisez l'offre sur le service et la carte, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'afterwork et une offre rentable.
Pas de distributeur automatique d'alcool
L'article 5 interdit le service et la vente de boissons alcooliques par distributeurs automatiques et semi-automatiques. Si votre concept prévoit un libre-service d'alcool, quel qu'en soit le dispositif, soumettez-le à la Police cantonale du commerce avant tout investissement.
Terrasse, animations, fermetures
Créer ou agrandir une terrasse est soumis à l'autorisation spéciale du département selon l'article 44. L'État de Vaud conseille de s'adresser d'abord à la commune, qui peut exiger une mise à l'enquête selon l'emplacement, la surface et les horaires.
Les activités hors exploitation traditionnelle demandent l'autorisation préalable de la municipalité. D'après la LADB (article 43), la demande doit en principe lui parvenir au moins 10 jours avant la manifestation. Une fermeture temporaire, elle, s'annonce huit jours à l'avance selon l'article 49.
Une manifestation organisée hors de l'établissement relève d'un autre régime, le permis temporaire délivré par la municipalité, que nous traitons dans un article dédié.
Trois erreurs qui retardent une ouverture dans le canton de Vaud
L'erreur, puis la parade
Retrait possible jusqu'à 5 ans
Date d'ouverture annoncée trop tôt
Le délai vaut pour une demande complète, pas pour une demande envoyée.
Parade
Fixer la date une fois le dossier vérifié et déposé.
Permis d'utiliser pris pour une licence
Ouvrir « en douceur » reste une exploitation sans licence.
Parade
Attendre la décision écrite de la Police cantonale du commerce.
Titulaire du CCA choisi par défaut
Le titulaire répond de la direction effective, selon l'article 37.
Parade
Désigner une personne impliquée et lancer son CCA tôt.
Durée maximale de retrait prévue par l'article 60a de la LADB.
Erreur 1 : fixer la date d'ouverture avant le dépôt
On annonce l'inauguration, on recrute, on commande. Puis le dossier part avec un extrait de casier de plus de trois mois. Le délai de 30 jours vaut pour une demande complète, pas pour une demande envoyée.
La parade est simple : fixez la date d'ouverture seulement une fois le dossier déposé et toutes les pièces vérifiées.
Erreur 2 : confondre permis d'utiliser et licence
Le permis d'utiliser arrive, les locaux sont prêts, et la tentation d'ouvrir « en douceur » est forte. L'article 32 est sans ambiguïté, et la municipalité veille à ce qu'aucun établissement n'ouvre avant la licence.
Les sanctions administratives sont lourdes. D'après la LADB (article 60a), une autorisation d'exercer ou d'exploiter peut être retirée pour une durée maximale de 5 ans en cas d'infraction aux prescriptions d'exploitation.
Erreur 3 : choisir le titulaire du CCA par défaut
Le titulaire de l'autorisation d'exercer engage sa responsabilité sur la direction effective de l'établissement. Choisir quelqu'un qui ne sera presque jamais présent, ou un prête-nom, va à l'encontre de cette obligation.
Le bon réflexe : désigner une personne réellement impliquée dans l'exploitation, et lancer son CCA dès que le projet devient sérieux.
Préparer le service pendant l'instruction du dossier
27
bouteilles de vin de 75 cl
Un fût de 20 litres remplace ces 27 bouteilles dans la réserve, à prévoir dès les plans du bar.
20 Lformat le plus utilisé
25 kgpoids du fût plein
moins de 5 spour servir un verre de vin
La licence règle le droit d'ouvrir. Elle ne dit rien de la façon dont vous servirez au coup de feu, ni de la place que prendra votre stock.
Ce que la licence ne règle pas
Il arrive souvent, dans un projet de création, que le dossier administratif avance bien alors que le poste boissons est décidé tard, après la commande du mobilier. C'est pourtant lui qui fixe le rythme de service et le volume de la réserve.
Un repère logistique aide à dimensionner la cave dès les plans : un fût de 20 litres correspond à 27 bouteilles de vin de 75 cl, pour 25 kg plein. À la tireuse, un verre de vin se sert en moins de 5 secondes, sans tire-bouchon ni bouteille entamée à gérer.
Un cas vaudois de station
Leysin, station vaudoise, a été équipée par Bibarium la saison dernière. En montagne, l'argument du fût est d'abord logistique : il réduit les rotations d'hélicoptère nécessaires pour approvisionner les refuges. Nous détaillons cette logistique dans notre article sur le restaurant d'altitude en station de ski.
Un dossier complet aujourd'hui, un bar prêt le jour de la licence
Trois calendriers, une seule date d'ouverture
Certificat CCA
Cours et examensCommune
Enquête, permis d'utiliserCanton
Licence, 30 j minimumLe trait bordeaux marque l'ouverture : chaque calendrier doit s'achever avant lui. Longueurs indicatives, sans échelle de temps.
Deux autorisationsexercer et exploiter, réunies dans une licence
Un dossier completdéposé au moins 30 jours avant l'ouverture
Zéro serviceavant la délivrance de la licence
Dans le canton de Vaud, ouvrir un bar ou un restaurant revient à aligner trois calendriers : celui du CCA, celui des autorisations communales et celui de la Police cantonale du commerce. Celui qui les anticipe ouvre à la date prévue.
Retenez l'essentiel. La licence réunit deux autorisations, exercer et exploiter. La demande part complète au moins 30 jours avant l'ouverture. Et rien ne s'ouvre au public avant sa délivrance.
Le temps de l'instruction n'est pas perdu pour autant. C'est le moment de figer la carte, de dessiner le bar et de choisir la façon de servir vin, mousseux et cocktails.
Vos questions fréquentes sur la licence d'établissement dans le canton de Vaud
Ma commune peut-elle délivrer la licence à la place du canton ?
C'est possible. L'article 6 de la LADB permet aux communes qui le demandent d'obtenir une délégation des compétences du département, éventuellement limitée à certaines catégories de licences. Dans ce cas, la municipalité statue à la place de la Police cantonale du commerce. Avant de déposer, demandez à votre commune si elle bénéficie d'une telle délégation, pour adresser le dossier au bon guichet dès le premier envoi.
La licence a-t-elle une durée de validité ?
La loi confie au département le soin de fixer la durée générale de validité des licences. Surtout, l'article 59 prévoit l'annulation d'office d'une licence qui n'est pas ou plus effectivement utilisée. Une licence obtenue pour un projet qui ne démarre pas ne se garde donc pas en réserve. Elle peut aussi être annulée à la demande écrite de son titulaire, par exemple lors d'une cessation d'activité.
Une même personne peut-elle diriger plusieurs établissements ?
L'article 34 de la LADB renvoie au règlement d'exécution les conditions dans lesquelles une personne peut obtenir plusieurs autorisations d'exercer. Ce n'est donc pas automatique. Pour un petit groupe ou un deuxième site, renseignez-vous auprès de la Police cantonale du commerce avant de désigner le même titulaire, en gardant à l'esprit qu'il répond de la direction effective de chaque établissement.
Que se passe-t-il en cas de faillite ou de décès du titulaire ?
L'article 38 prévoit des solutions transitoires. En cas de décès du titulaire de l'autorisation d'exercer, le département peut autoriser les héritiers à poursuivre l'exploitation. En cas de faillite du titulaire de l'autorisation d'exploiter, il peut autoriser les créanciers à continuer. Dans les deux cas, cette continuité vaut au maximum deux ans, le temps de trouver un nouveau titulaire.
Faut-il annoncer un changement d'associé ou de gérant ?
Oui. Le formulaire officiel rappelle que tout changement de titulaire de l'autorisation d'exercer ou d'exploiter doit être annoncé 30 jours à l'avance au département, avec copie à la municipalité. Une nouvelle demande de licence doit être déposée pendant ce délai. Un départ de gérant mal anticipé peut donc mettre l'exploitation en difficulté, d'où l'intérêt d'avoir un second titulaire de CCA dans l'équipe.
Mon diplôme obtenu à l'étranger est-il reconnu ?
Il peut l'être, sans automatisme. La loi admet une formation jugée équivalente, notamment en vertu de traités internationaux. En pratique, un diplôme étranger peut ouvrir droit à une dispense de cours, sous réserve de reconnaissance par le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation. La demande de dispense se fait auprès de l'État de Vaud, et c'est lui seul qui tranche.
Sources
- État de Vaud, loi sur les auberges et les débits de boissons (LADB)
- Police cantonale du commerce, informations relatives à l'hôtellerie-restauration
- État de Vaud, demander la licence permettant d'exploiter un établissement
- Police cantonale du commerce, formulaire de demande de licence d'établissement
- État de Vaud, comment créer un nouvel établissement
- État de Vaud, comment reprendre un établissement existant
- État de Vaud, comment obtenir un certificat cantonal d'aptitudes
- État de Vaud, comment obtenir une licence provisoire
- État de Vaud, comment changer de mode d'exploitation
- GastroVaud, cours obligatoires et facultatifs pour la licence
- Cave de La Côte, histoire et talents
Bibarium, spécialiste suisse du vin et des cocktails à la pression
Entreprise suisse de la région de Genève, Bibarium équipe les professionnels de la restauration, des bars et de l'événementiel pour servir vin, mousseux et cocktails à la tireuse. Son approche s'appuie sur le projet de recherche Interreg France-Suisse ECOFASS Vin, sur des partenaires vignerons comme la Cave de La Côte et sur des installations en conditions réelles.
Contenu relu et validé par Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins.
Mis à jour : octobre 2026