Le prix d'un verre de vin se joue avant d'écrire la carte
Trois variables entre la facture et la carte
Coût d'achat
sur le bon de livraison, hors taxe
TVA 8,1 % à ajouter, ou à retirer selon la convention
Contenance servie : 1 dl, 1,5 dl ou 2 dl
Pertes au verre : fond de bouteille non vendu
Prix au déci
affiché TTC sur la carte
Oubliez une seule de ces trois variables et le coefficient encaissé s'écarte de celui de la carte.
Une nouvelle cuvée arrive. Le bon de livraison donne un prix d'achat. Il faut maintenant afficher un prix pour la bouteille et un prix au déci.
La tentation est de multiplier par un chiffre hérité du précédent patron, d'arrondir, puis de passer à la suite. Le calcul tient sur un coin de table. Il oublie pourtant trois choses : la TVA, la contenance réelle du verre et ce qui part à l'évier.
Résultat, le coefficient multiplicateur du vin au restaurant affiché sur le papier n'est pas celui que vous encaissez. Ce guide pose une méthode de calcul adaptée à la Suisse, avec la TVA à 8,1 %, la vente au déci et les règles d'affichage des prix. Vous repartez avec des formules, un calculateur et un moyen de vérifier votre coefficient réel.
Vous servez beaucoup de vin au verre ? Gardez le calculateur de la section sur le verre sous la main, il traduit vos pertes en coefficient.
Qu'est-ce que le coefficient multiplicateur du vin ?
La définition en une ligne
Prix de vente HT = coût d'achat HT × coefficient
Usage inverse
Prix de vente visé ÷ coefficient = coût d'achat maximal à négocier avec le fournisseur.
Ce que chaque coefficient laisse au prix de vente HT
Coef. 2,5matière 40 %marge 60 %
Coef. 3matière 33,3 %marge 66,7 %
Coef. 4matière 25 %marge 75 %
La part matière est l'inverse du coefficient. La marge restante finance salaires, loyer et frais généraux.
Le coefficient multiplicateur est le nombre par lequel vous multipliez le coût d'achat d'un vin pour obtenir son prix de vente. C'est l'outil de base de toute carte des vins.
Gastroconsult, fiduciaire du réseau GastroSuisse, le définit ainsi dans son article L'importance de la marge brute dans la restauration. Elle ajoute un usage inverse utile : diviser un prix de vente cible par le coefficient donne le coût d'achat maximal acceptable.
La formule de base
Prix de vente HT = coût d'achat HT × coefficient
Coefficient = prix de vente HT ÷ coût d'achat HT
Coût d'achat maximal = prix de vente HT visé ÷ coefficient
Pour éviter tout montant fictif, nous raisonnons dans ce guide en base 100. Un coût d'achat de 100 est une unité neutre. Vous remplacez ensuite 100 par votre propre prix d'achat.
Avec un coût d'achat de 100 et un coefficient de 3, le prix de vente hors taxe vaut 300. La marge brute en valeur vaut 200.
Coefficient, marge brute et taux de marque
Trois indicateurs décrivent la même réalité sous des angles différents. Les confondre fausse les discussions avec un associé ou une fiduciaire.
| Indicateur | Formule | Avec un coefficient de 3 |
|---|
| Coefficient | vente HT ÷ achat HT | 3 |
| Marge brute en valeur | vente HT - achat HT | 200 pour 100 d'achat |
| Taux de marque | marge brute ÷ vente HT | 66,7 % |
| Part matière | achat HT ÷ vente HT | 33,3 % |
La part matière est l'inverse du coefficient. Un coefficient de 4 laisse 25 % de part matière. Un coefficient de 2,5 en laisse 40 %.
Ce que le coefficient doit financer
La marge brute du vin ne reste pas dans votre poche. Elle paie le reste de l'exploitation. GastroSuisse, dans sa fiche Prix en vigueur, rappelle qu'environ la moitié du chiffre d'affaires part dans les salaires. Un bon quart sert à l'achat des marchandises.
Toujours selon GastroSuisse, environ 15 % vont au financement et aux investissements, comme le loyer, et environ 11 % aux frais d'exploitation généraux. Un coefficient trop bas sur le vin oblige donc la cuisine à compenser.
GastroSuisse, fiche Prix en vigueur
HT ou TTC : le piège de la TVA suisse à 8,1 %
Même coefficient annoncé, deux prix différents
Coefficient 3 sur un achat de 100, à l'échelle
0100200300HT sur HT, puis TVA ajoutée
300 HT24,3
Affiché 324,3 TTC, coefficient réel 3,00Coefficient appliqué pour obtenir le TTC
277,5 HT22,5
Affiché 300 TTC, coefficient réel 2,78 Conversion
Prix TTC = prix HT × 1,081. Prix HT = prix TTC ÷ 1,081.
Taux de la dette fiscale nette
L'impôt préalable n'est pas déterminé : raisonner sur l'achat TVA comprise est plus prudent.
Le coefficient se calcule hors taxe. Le client, lui, lit un prix TVA comprise. Entre les deux, une confusion de méthode peut coûter plusieurs points de marge.
D'après l'Administration fédérale des contributions, dans sa page Taux de TVA applicables en Suisse, le taux normal est de 8,1 % depuis le 1er janvier 2024. Sa page en anglais Current Swiss VAT rates précise que les boissons alcooliques sont exclues du taux réduit de 2,6 % des denrées alimentaires. Le vin servi au restaurant relève donc du taux normal.
Administration fédérale des contributions, taux de TVA en Suisse
Administration fédérale des contributions, Current Swiss VAT rates
Deux conventions de coefficient qui ne donnent pas le même prix
Certains guides français, comme celui de Les Grappes cité plus bas, appliquent le coefficient au prix d'achat HT pour obtenir directement un prix TTC. D'autres multiplient pour obtenir un prix HT, puis ajoutent la TVA. Les deux méthodes portent le même nom.
| Méthode | Calcul en base 100 | Prix affiché TTC | Coefficient HT réel |
|---|
| Coefficient HT sur HT, puis TVA | 100 × 3 = 300 HT, puis × 1,081 | 324,3 | 3,00 |
| Coefficient appliqué pour obtenir le TTC | 100 × 3 = 300 TTC | 300 | 2,78 |
Avec la seconde méthode, le coefficient réel tombe à 2,78. L'écart vient de la TVA, qui part à l'Administration fédérale des contributions. Sur une carte entière, ce glissement peut passer inaperçu.
La conversion à garder en tête
Prix TTC = prix HT × 1,081
Prix HT = prix TTC ÷ 1,081
Annoncez toujours la convention utilisée quand vous parlez de coefficient avec un fournisseur, un consultant ou un associé. « Coefficient 3 » ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas s'il s'agit de HT sur HT.
Méthode effective ou taux de la dette fiscale nette
Les établissements assujettis décomptent la TVA selon la méthode effective ou au taux de la dette fiscale nette. L'Administration fédérale des contributions précise que, avec les taux de la dette fiscale nette, l'impôt préalable n'a pas à être déterminé.
Conséquence pratique : avec cette méthode, la TVA payée sur vos achats de vin n'est pas récupérée ligne par ligne. Raisonner sur le coût d'achat TVA comprise devient alors plus prudent. Votre fiduciaire vous confirme la base à retenir. Les formules de ce guide suivent la méthode effective.
Du prix de la bouteille au prix au déci
La bouteille vue au déci
7,5 décis, mais pas toujours 7,5 décis vendables
20 %À 2 dl, le reste de 1,5 dl représente un cinquième de la bouteille. S'il ne trouve pas preneur avant de s'altérer, le prix des trois verres doit le couvrir.
Ce guide raisonne au décilitre, le déci, unité employée sur les cartes de boissons, comme dans les exemples de la brochure du SECO citée plus bas. Une bouteille de 75 cl contient 7,5 décis.
Le prix théorique du déci
Sans aucune perte, le prix du déci se déduit directement du prix de la bouteille.
Prix du déci = prix de la bouteille ÷ 7,5
Prix du verre = prix du déci × contenance du verre en décis
En base 100, une bouteille achetée 100 et vendue 300 HT donne un déci théorique à 40 HT. Ce chiffre suppose que chaque goutte est vendue. C'est rarement le cas au verre.
Combien de verres dans une bouteille selon la contenance
La contenance choisie change le nombre de verres et surtout le reste en fond de bouteille.
| Contenance servie | Verres pleins par bouteille de 75 cl | Reste en fond de bouteille |
|---|
| 1 dl | 7 | 0,5 dl |
| 1,5 dl | 5 | aucun |
| 2 dl | 3 | 1,5 dl |
Au déci, le demi-décilitre restant peut finir offert ou jeté. À 2 dl, il reste un verre et demi qui attend le client suivant. Ce reste doit entrer dans le calcul, faute de quoi le prix du verre ment.
Le volume vendable, base du vrai calcul
Le prix du verre doit couvrir le coût de la bouteille entière, pas seulement les décis vendus. La bonne base est donc le volume vendable.
Volume vendable = 7,5 dl - pertes - reste inférieur à un verre
Coût d'achat du déci vendu = coût de la bouteille ÷ volume vendable
Si vous servez au déci et perdez en moyenne 1 dl par bouteille, il reste 6,5 dl vendables, donc 6 verres pleins. Le coût du déci vendu n'est plus 100 ÷ 7,5, mais 100 ÷ 6.
Combien majorer le verre par rapport à la bouteille ?
Calculateur
Votre coefficient au verre, pertes comprises
Volume vendu sur 7,5 dl6 dl, soit 80 %
02,5 dl5 dl7,5 dl
Coefficient réellement encaissé2,40
Coefficient à appliquer au verre3,75
Prix d'un verre TTC, en % du coût d'achat HT de la bouteille54,1 %
Verres vendus par bouteille : 6. Hypothèses : bouteille de 75 cl, TVA au taux normal de 8,1 %, reste inférieur à un verre compté comme perte. Estimation indicative, elle ne remplace ni l'avis de votre fiduciaire ni votre inventaire réel.
La bouteille vendue entière à table ne génère aucune perte. Le verre, oui. Le calcul du prix du vin au verre doit donc corriger le coefficient de la perte attendue : c'est là que se joue la marge du vin au verre.
La formule de correction
Coefficient au verre = coefficient bouteille × 7,5 ÷ volume vendable
Coefficient réellement encaissé = coefficient affiché × volume vendable ÷ 7,5
Un coefficient de 3 avec 6 décis vendus sur 7,5 ne rapporte qu'un coefficient réel de 2,4. Pour retrouver 3, le verre doit être calculé avec un coefficient de 3,75.
Cette correction n'est pas une hausse arbitraire. Elle compense un volume que vous avez payé et que personne n'a bu. La mécanique de ces pertes est détaillée dans notre article sur les bouteilles entamées en restaurant.
Le coût de la bouteille dès les premiers verres
Une pratique répandue consiste à récupérer le coût de la bouteille avec le premier ou les deux premiers verres. Le guide pratique de Les Grappes pour les restaurateurs la décrit, en invitant à tenir compte du volume servi et du risque de perte.
Cette règle rassure, mais elle masque le vrai sujet. Si la bouteille reste ouverte trop longtemps, les verres suivants ne seront jamais vendus. Le coefficient au verre ne protège pas d'une rotation trop lente.
Un coefficient dégressif selon le prix d'achat
Trois paliers, base 100
Le coefficient descend, la marge en valeur monte
Le client paie un prix, l'établissement encaisse une marge en valeur. C'est elle qui finance la structure, pas le coefficient.
Appliquer le même coefficient à toute la carte paraît simple et juste. En pratique, il pousse les bouteilles chères vers des prix que la clientèle ne suit plus.
Raisonner en marge en valeur
Le client paie un prix, et l'établissement encaisse une marge en francs, pas un coefficient. Une bouteille chère avec un coefficient plus bas peut rapporter davantage en valeur.
| Coût d'achat (base 100) | Coefficient HT | Prix HT | Marge brute en valeur |
|---|
| 100 | 3,5 | 350 | 250 |
| 200 | 3 | 600 | 400 |
| 300 | 2,5 | 750 | 450 |
Le coefficient baisse, la marge en valeur monte. Le guide de Les Grappes recommande ce principe : plus le prix d'achat est élevé, plus le coefficient appliqué est bas. Son exemple descend de 5 à 4, puis à 3,5, en convention TTC sur HT.
Les Grappes Pro, guide pratique pour fixer le prix de ses vins
Construire ses paliers
Trois ou quatre paliers suffisent pour une carte de restaurant. Chaque palier couvre une tranche de prix d'achat et porte son coefficient.
- Le palier d'entrée porte le coefficient le plus haut et finance la structure.
- Le palier central rassemble les vins qui tournent le plus.
- Le palier haut garde un prix psychologiquement acceptable.
Vérifiez ensuite que deux vins voisins ne s'inversent pas à la carte. Un vin plus cher à l'achat doit rester plus cher à la vente. Pour la largeur de la carte elle-même, la méthode est détaillée dans notre guide de la carte des vins courte et rentable.
La sensibilité au prix ne disparaît pas
Le contexte invite à la retenue sur les coefficients hauts. L'Office fédéral de l'agriculture a publié en avril 2026 son communiqué Année viticole 2025. D'après ce bilan, la consommation de vin en Suisse a atteint 211,2 millions de litres, en recul de 3,3 % sur un an.
Le même communiqué indique que la part de marché des vins suisses atteint 37,5 %. On boit moins, on choisit davantage. Un prix au déci jugé excessif fait basculer la commande vers une autre boisson.
Office fédéral de l'agriculture, année viticole 2025
En France, la question est devenue politique. La proposition de loi n° 898 a été enregistrée au Sénat le 17 juillet 2026. Selon son exposé des motifs, une bouteille de vin s'y paie en moyenne 4 à 5 fois plus cher au restaurant que chez le producteur. Le texte propose de moduler la TVA selon le coefficient appliqué.
Sénat, proposition de loi n° 898 sur le prix de revente des bouteilles
Les règles suisses qui encadrent votre prix affiché
Une carte conforme, annotée
1La quantité à côté du prix
Obligatoire pour les vins, bières, apéritifs et boissons listées par l'OIP.
2Le prix réellement payé
En francs suisses, TVA comprise. Le coefficient se calcule HT, l'arrondi se fait TTC.
3Trois boissons sans alcool moins chères
Rappel de la Ville de Lausanne : moins chères que l'alcool le moins cher. Votre déci d'entrée fixe leur plafond.
Sources : SECO, brochure « Indication des prix et publicité dans l'hôtellerie et la restauration ». Ville de Lausanne, page « Indication des prix ». À vérifier selon votre autorisation d'exploiter.
Le restaurateur fixe librement ses prix. La manière de les afficher, elle, est encadrée par l'ordonnance sur l'indication des prix, l'OIP.
Un prix TTC, en francs, avec la quantité
La brochure du SECO Indication des prix et publicité dans l'hôtellerie et la restauration pose deux règles utiles au calcul. Le prix indiqué est le prix effectivement payé, TVA comprise, en francs suisses.
Pour les vins, apéritifs, bières et autres boissons listées, le prix doit mettre en évidence la quantité à laquelle il se rapporte. Votre carte affiche donc le prix au déci, ou pour la contenance réellement servie.
SECO, Indication des prix et publicité dans l'hôtellerie et la restauration
Conséquence directe : le coefficient se calcule en HT, mais l'arrondi se fait sur le prix TTC affiché. Arrondissez d'abord, puis recalculez le coefficient obtenu. C'est lui qui compte.
Le prix du vin le moins cher fixe un plafond aux boissons sans alcool
La vente d'alcool s'accompagne aussi d'une obligation sur les boissons sans alcool. La Ville de Lausanne la rappelle sur sa page Indication des prix. L'autorisation de vendre des boissons alcooliques impose d'offrir au minimum trois boissons sans alcool.
Ces trois boissons, de types différents, doivent coûter moins cher que la boisson alcoolique la moins chère. Si votre déci d'entrée de gamme est très bas, il tire vers le bas toute une partie de votre carte sans alcool.
Ville de Lausanne, indication des prix dans les établissements
Vérifiez les règles qui accompagnent votre autorisation d'exploiter auprès de l'autorité qui l'a délivrée, avant de fixer votre prix d'entrée.
Coefficient affiché, coefficient encaissé : la vérification par inventaire
Le coefficient que vos comptes confirment
Stock initial
+Achats de vin
-Stock final
=Coût du vin consommé
Ventes de vin TTC ÷ 1,081Coût du vin consommé
donne lecoefficient encaissé
Pourquoi le vin mérite ce contrôle : multiplicateurs observés
Source : rapport scientifique final du projet Interreg ECOFASS Vin. Le vin est le poste le moins margé : chaque décilitre perdu y pèse davantage.
Le coefficient de la carte est une intention. Le coefficient encaissé est un résultat. Seul le second dit si votre méthode fonctionne.
Le vin, poste déjà le moins margé
Le vin part avec un handicap. Selon le rapport scientifique final du projet Interreg ECOFASS Vin, achevé en 2020, le multiplicateur appliqué au vin tourne autour de 2,5. La moyenne des boissons atteint 3,37 et la nourriture 12,5.
L'étude de marché de l'École hôtelière de Lausanne publiée en 2019 apporte un second repère. Selon elle, 88 % des établissements interrogés vendaient plus de vin au verre qu'à la bouteille. Le verre est donc le canal principal, et c'est aussi celui où la perte pèse le plus.
La méthode en quatre étapes
- Comptez votre stock de vin au début de la période, au prix d'achat.
- Ajoutez les achats de vin de la période, au prix d'achat.
- Retirez le stock de fin de période pour obtenir le coût du vin consommé.
- Divisez le chiffre d'affaires vin hors TVA par ce coût consommé.
Coefficient encaissé = (ventes de vin TTC ÷ 1,081) ÷ coût du vin consommé
Coût du vin consommé = stock initial + achats - stock final
Comparez ensuite ce coefficient encaissé au coefficient moyen de votre carte. L'écart mesure tout ce qui s'échappe : bouteilles entamées jetées, verres trop généreux, vins bouchonnés, verres offerts non saisis.
Lire l'écart
Un écart faible indique une carte bien tenue. Un écart important appelle une analyse par vin. Il arrive qu'un établissement découvre qu'une ou deux références au verre concentrent l'essentiel de la perte.
Ce diagnostic rejoint les autres postes qui grignotent la marge d'un bar, du stock dormant au service trop lent. Ils sont passés en revue dans notre article sur les erreurs qui plombent la rentabilité d'un bar.
Trois erreurs de calcul fréquentes
Symptôme, puis correction
Trois raccourcis qui font baisser le coefficient en silence
symptômecorrection
Recopier un coefficient
Symptôme
Le chiffre vient d'un ancien patron ou d'un guide, jamais de vos charges.
Correction
Borne basse par vos frais fixes, borne haute par la concurrence de même positionnement.
Le verre comme simple fraction
Symptôme
Prix de la bouteille ÷ 7,5 × contenance, sans tenir compte du fond non vendu.
Correction
Calculer sur le volume vendable, et refaire le calcul à chaque changement de contenance.
Arrondir sans recalculer
Symptôme
Arrondis vers le bas et hausses fournisseur absorbées sans changer le prix.
Correction
Après chaque arrondi ou nouveau tarif, recalculer le coefficient HT réellement appliqué.
Ces erreurs ne viennent pas d'un manque de rigueur. Elles viennent de raccourcis hérités, qui fonctionnaient peut-être avec une autre carte ou un autre taux de TVA.
Recopier un coefficient sans regarder sa propre exploitation
Gastroconsult le formule clairement : ne reprenez pas un coefficient sans analyser votre exploitation. Comptez vos frais fixes, la rémunération attendue et les prix maximum acceptés par vos clients. La limite haute vient de la concurrence, la limite basse de vos charges.
Gastroconsult, l'importance de la marge brute dans la restauration
Calculer le verre comme une fraction de bouteille
Diviser le prix de la bouteille par 7,5 et multiplier par la contenance donne un prix sans perte. Ce cas revient régulièrement : la carte au verre affiche le bon coefficient, mais chaque bouteille laisse un fond non vendu.
La correction par le volume vendable, vue plus haut, règle ce point. Elle doit être refaite si vous changez de contenance, par exemple en passant de 1 dl à 1,5 dl.
Arrondir sans recalculer
Un prix TTC arrondi vers le bas, répété sur toute la carte, fait baisser le coefficient moyen sans que personne ne le décide. Après chaque arrondi, recalculez le coefficient HT réellement appliqué.
Le même réflexe vaut après une hausse de tarif fournisseur. Un prix de vente inchangé sur un vin plus cher à l'achat, c'est un coefficient qui baisse en silence.
Quand le coût du déci devient fixe : le cas du vin en fût
Volume vendu sur volume acheté
Ce qui sépare le coefficient affiché du coefficient encaissé
Bouteille servie au verre
6 dl vendus1,5 dl
Exemple du calculateur : 1 dl perdu plus le reste inférieur à un verre.
Fût de 20 litres, 200 décis
contenu tiré en entier
Aucun volume ne reste dans la poche en fin de tirage.
2 joursbouteille ouverte avant baisse nette de qualité
jusqu'à 6 moisconservation du vin en fût, poche isolée de l'air
-20 %coût du vin, selon le rapport final Interreg ECOFASS Vin, dans les conditions de l'étude
Toute la correction présentée plus haut existe à cause d'une contrainte : la bouteille ouverte se dégrade. Elle tient 2 jours avant que sa qualité ne baisse nettement.
Avec le vin en fût, cette contrainte change de nature. Le vin est logé dans une poche souple isolée de l'air. Sur le vin en fût, les essais établissent une conservation jusqu'à 6 mois.
Un coût par déci connu d'avance
Un fût de 20 litres contient 200 décis, l'équivalent de 27 bouteilles de 75 cl. Le contenu est tiré en entier, sans fond de bouteille. Le volume vendable se rapproche du volume acheté.
Concrètement, le coefficient affiché au verre et le coefficient encaissé se rapprochent. La correction pour perte devient marginale, et le prix au déci peut se calculer comme une fraction directe du fût.
Ce que l'étude a mesuré
Le rapport final du projet Interreg ECOFASS Vin fait état, dans les conditions de l'étude, d'une réduction de 20 % du coût du vin avec le service en fût. Ce chiffre dépend de chaque exploitation. Il indique où agit le fût : sur le coût, pas sur le prix affiché.
À l'échelle d'un groupe, l'enjeu devient la cohérence. Le groupe Remimag, en Suisse alémanique, compte 12 établissements équipés. Sur plusieurs sites, un coût par déci stable rend les prix de carte comparables d'un établissement à l'autre.
Le même raisonnement vaut pour un mousseux en fût, un spritz en fût ou un cocktail en fût : le coût par verre découle de la recette et du volume du fût. Pour ces boissons, les durées de conservation citées plus haut restent établies sur le vin.
Le fût ne remplace pas la méthode. Il retire seulement l'inconnue la plus difficile à estimer : ce que vous jetterez.
Un coefficient se pilote, il ne se recopie pas
La méthode en cinq gestes
Du coefficient de carte au coefficient de vos comptes
1Calculer en HT, sur le coût d'achat de la bouteille.
Coefficient 2Convertir avec 1,081, puis arrondir le prix TTC affiché.
TVA 3Corriger le verre par le volume vendable réel.
Déci 4Dégresser le coefficient selon le prix d'achat.
Paliers 5Vérifier chaque trimestre le coefficient encaissé par inventaire.
Contrôle La bonne méthode tient en peu de gestes. Calculer en HT, convertir avec 1,081, corriger le verre par le volume vendable, dégresser selon le prix d'achat. Puis vérifier chaque trimestre le coefficient réellement encaissé.
Le reste est une question de rotation et de pertes. Plus elles sont maîtrisées, plus le coefficient de votre carte ressemble à celui de vos comptes.
Parlons de votre établissement.
Volume au verre, nombre de références, pertes actuelles : nous regardons avec vous où le service en fût change le calcul.
Prendre contact avec BibariumVos questions fréquentes sur le coefficient multiplicateur du vin au restaurant
Quel coefficient choisir pour démarrer ?
Il n'existe pas de coefficient universel. Partez de vos charges : le coefficient moyen de votre carte doit couvrir les salaires, le loyer et vos frais généraux. Fixez ensuite une limite haute en regardant les établissements de même positionnement autour de vous. Entre ces deux bornes, testez une première carte, puis ajustez après votre premier inventaire trimestriel.
Comment arrondir le prix du déci ?
Arrondissez le prix TTC affiché, jamais le prix hors taxe, puisque c'est lui que voit le client. Choisissez une règle d'arrondi unique et appliquez-la à toute la carte. Recalculez ensuite le coefficient hors taxe de chaque vin. Un arrondi systématique vers le bas fait baisser votre marge moyenne sans décision consciente.
Une bouteille vendue à l'emporter change-t-elle la TVA ?
Non, pour le vin. Selon l'Administration fédérale des contributions, les boissons alcooliques sont exclues du taux réduit de 2,6 % qui s'applique aux denrées alimentaires. Une bouteille de vin vendue à emporter reste au taux normal de 8,1 %, comme celle servie à table. Seul votre coefficient peut différer, puisque la vente à l'emporter n'inclut ni service ni verrerie.
Que faire quand le fournisseur augmente ses prix ?
Recalculez immédiatement le coefficient du vin concerné avec le nouveau prix d'achat. Si le prix de vente reste inchangé, vous savez exactement combien de coefficient vous cédez. Vous pouvez alors choisir en connaissance de cause : répercuter la hausse, remplacer la référence, ou garder le prix pour un vin d'appel. L'essentiel est que la décision soit prise, pas subie.
Le mousseux au verre demande-t-il un coefficient différent ?
Souvent, oui, quand il est servi à la bouteille. Une bouteille de mousseux entamée perd progressivement son effervescence, ce qui ajoute une perte à celle du vin tranquille. La correction par le volume vendable doit donc intégrer une perte plus forte. Le fût, qui résiste à la pression contrairement au bag-in-box, permet de servir un mousseux au verre sans ce risque.

Bibarium, spécialiste suisse du vin et des cocktails à la pression
Entreprise suisse de la région de Genève, Bibarium équipe les restaurants, bars, hôtels et organisateurs d'événements pour servir vin, mousseux et cocktails à la tireuse. Son approche s'appuie sur le projet de recherche Interreg ECOFASS Vin, sur son partenariat avec la Cave de La Côte et sur des installations réelles, des stations de ski aux traiteurs.
Contenu relu et validé par Marc Sarrazin, directeur de Bibarium, ingénieur œnologue diplômé de Changins.
Mis à jour : octobre 2026